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dimanche 15 mars 2020

Protocole de brassage

Après plusieurs années de brassage, il est temps de mettre au propre le protocole de brassage que j'utilise et la "philosophie" que j'applique a cette activité.

Philosophie
Mes principes de brassage, sont :
  • réduire le gaspillage, consommation d'énergie et consommation d'eau
    • je chauffe au gaz (pas sur que ce soit terrible coté écologique)
    • je privilégie le refroidissement naturel (ça prend environ 24h)
    • j'utilise des bouteilles à fermeture mécanique (pas de capsules à jeter)
    • je désinfecte au minimum
  • brasser naturellement, le plus possible en tout cas, soit : utiliser des ingrédients bio et/ou locaux si possible. 
    • Les malts bio ne sont disponibles qu'en sac de 25 kg, j'achète donc les malts de base en bio et les malts de spécialités en non bio. A noter que le site AutoBrasseur propose des malts bios reconditionné en petits volumes, très pratique ;
    • Les Houblons, je privilégie les houblons en cône d’origine française et quand c'est la saison (automne) je cueille des houblons sauvages dans mon coin (on assez facilement en trouve au bord des rivières et fleuves)
    • Utilisation de l'eau du robinet ;
    • pas de produits chimiques, à part de l'oxygène actif pour désinfecter
  • je brasse en artisanal
    • pas d'automatisme, je brasse tout à la main
    • des petits volumes gérable à la main (brassin de 20-30 L suivant la recette)
  • pas de prise de tête, je privilégie le plaisir et la simplicité
    • du coup le brasse avec levures sèches (pas a gérer de dates de péremption ni de fraîcheur) ; du coup c'est pas très naturel...
    • je fais de même pour les houblons, que j'achète en gros et que je conserve (probablement trop longtemps) ; pour conserver un peu la fraîcheur je les prend sous vide bien sur et je n'hésite pas a modifier ma recette pour ne pas ouvrir trop de sachets à la fois, je privilégie donc les sacs déjà ouvert plutôt que le type de houblon.
Matériel
  • Une cuve de brassage inox de 50 L
  • Un petit fourquet en inox pour brasser
  • Une cuve inox supplémentaire de 30 L (pour l'eau de rinçage le plus souvent)
  • 3 seaux plastiques de 30 L dont 1 équipé avec un robinet pour filtrer
  • 1 fond filtrant en V pour seau plastique
  • 1 aérateur de moût (optimise l'oxygénation du moût lors de l'ensemencement)
  • Un moulin a broyer manuel
  • Une vieille gazinière (et un réchaud pour conserve) branché sur une bouteille de gaz naturel
  • Des bouteilles a bouchon mécanique
  • Thermomètre de cuisine pour suivre les températures
Préparation de l'eau
Dans l'optique de rester simple et naturel, je n'ajuste pas le profil avec des produits chimiques ; d'autant que c'est très complexe et un peu aléatoire.
Mon eau (du robinet) est très chargé en minéraux, bien adapté aux brunes. Pour brasser des blondes j'effectue parfois une ébullition la veille pour précipiter une bonne partie des carbonates et parfois j'ajoute du malt acide à la recette. Voir le billet dédié à ce sujet.

Préparation des céréales
J'utilise des céréales entières que je moud manuellement avec un moulin adapté. Au début j'ai utilisé un peu de céréales en flocon, mais je remplace désormais plutôt par des céréales entières que je moud, ou directement de la farine, ou du pain rassi (pour le blé). Récemment l'ajout d'une légère hydratation des grains avant concassage (2%) m'a énormément simplifié la vie coté filtrage ; mais ça rend la concassage plus dur.
Ça me fait moins d'ingrédients a gérer (simple) et c'est plus naturel et écologique.

Désinfection
Je rince abondamment les bouteilles aussitôt après utilisation, ce qui m'évite d'avoir à les nettoyer.
Je désinfecte les seaux qui vont recevoir le moût avec de l'oxygène actif (Chemipro oxi).
Coté désinfection des bouteilles je réalise :
  • le plus souvent un trempage dans le seau de fermentation avec l'oxygène actif
  • parfois dans un mélange eau de javel/vinaigre, a utiliser avec précaution c'est dangereux

Il m'est arrivé de ne réaliser aucune stérilisation des bouteilles et ça c'est bien passé, mais j'ai pas osé recommencer. Voir mes expériences dans le billet ad-hoc.

Empâtage
J'ai commencé et j'utilise encore le process traditionnel franco-belge par chauffe directe, très utilisé en France par les brasseurs amateurs. Je l'utilise le plus souvent en mono-palier (simplicité) avec toutefois un premier pallier de trempage vers 50°C.
Jamais testé l'infusion (technique américaine) qui consiste a ajouter de l'eau plus chaude sans chauffe directe.

Depuis quelques années j'utilise une technique à priori plus ancienne t traditionnel belge, qui consiste a mettre les céréales dans l'eau froide a mettre en chauffe tout doux afin de passer de 20 à 74 °C de manière continu en 2 heures. L'extraction est très bonne.

Filtrage et rinçage
J'ai longtemps filtré avec une tresse inox, mais ça vieillit pas très bien et je l'ai remplacé récemment par un fond filtrant conique (pour seau plastique) et j'en suis plutôt content, même si je rencontre parfois des difficultés plus liés a mes expériences (pain, riz concassé...), mais qui semble réglé avec la technique de l'hydratation préalable (voir plus haut).

Cuisson du moût
Ici rien de sorcier, une bonne ébullition avec un couvercle a moitié ouvert ; selon le précepte n°4 de John Palmer. J'ai souvent une évaporation un peu importante.

Ensemencement
Par commodité de gestion des stocks j'utilise de la levure sèche et comme j'ai commencé avec Fermentis (série Safale), je continu avec cette marque dont je connais les levures.

Fermentation
Après avoir fermenter longtemps à température ambiante, j'ai équipé un vieux frigo en chambre régulée (avec un InkBird et un tapis chaud d'aquarium à reptile).

Mise en bouteille
Par soucis environnemental et praticité j'utilise des bouteilles à bouchons mécaniques et beaucoup sont de la récupération. Je prépare un jus sucré avec environ 1/2 litre d'eau que je verse au fond d'une seau propre. Puis je transfère le moût dedans, ce qui permet de mélanger avec le jus sucré et de décanter le moût une dernière fois pour la clarté.

Maturation
La maturation n'est pas non plus réalisée dans les meilleurs conditions, là encore mon local a des variations importantes de température. Toutefois assez rapidement je transfère dans une cave qui est elle bien plus adaptée.

A ce jour une quarantaine de brassin, avec 1 ratage (bien trop légère) et 1 oubli qui a faillit être fâcheux.


dimanche 7 décembre 2014

Dégustation et retour d'expériences (stérilisation)

Après 15 jours en bouteille, j'ai ouvert la première IPA (Lagash) : pas mal du tout.
Malgré quelle soit jeune, y'a une vrai pression, des bulles et un gout fort agréable. Le Dry Hopping est par contre probablement trop léger, le gout est présent mais pas très prononcé, et il disparaitra avec le temps... De même l'amertume est un peu légère.
La bière sera bonne, mais pour une prochaine IPA je forcerais plus sur les houblons, l'eau de Cognac (très dure) a aussi tendance a minimiser les effets des houblons, cela impose d'augmenter les dosages recommandés.

Lors de ce brassage, J'ai réalisé et confirmé 3 expérimentations :

Finit la corvée de stérilisation
Pas de stérilisation des bouteilles.
Il s'agit de simplifier le travail en ne stérilisant pas les bouteilles. Pour cela les bouteilles doivent être propres (nettoyage aussitôt après usage, rinçage, séchage à l'envers et refermé jusqu'à réutilisation). J'avais essayé sur la moitié de mon brassin n°10 sans soucis, j'ai recommencé ici pour la vingtaine de petites bouteilles (33 Cl).
Cette expérience est issue d'une discussion sur le forum brassage amateur.

Jusqu'à présent j'utilise le ChemiPro Oxy qui est de l'oxygène actif (percarbonate de sodium), un produit qui réagit avec les matières biologiques et fait un bon stérilisateur et utilisable sans rinçage. Pour les bouteilles ne voulant pas gaspiller ce produit qu'il faut diluer, je faisais souvent stérilisateur à l'eau bouillante mes bouteilles, c'était long et consommateur d'énergie...

J'ai exploré les différentes techniques mais rien de très satisfaisant, jusqu'à ce que finalement après échange avec d'autres brasseurs amateurs il est apparut que certains ne stérilisent plus leurs bouteilles tout simplement : il faut juste s'assurer que bouteilles sont bien propres.
L'alcool, le pH des bières, des bouteilles propres et les levures encore vivantes font un milieu finalement peu favorable aux infections bactériennes. Évidemment c'est uniquement dans un cadre amateur (qui peut se permettre une bouteille contaminée de temps en temps), un professionnel se doit d'avoir des lots homogènes et un état sanitaire parfait.

Ce qui est intéressant c'est de voir les différentes techniques et certaines vérités pourfendues ou des usages très imaginatifs ou parfois très étranges, comme ceux qui stérilisent aux produits chimiques, mais rincent après (pour éviter les éventuels gouts) avec le l'eau non stérilisée...

Stérilisation Eau de javel+Vinaigre blanc
J'ai aussi expérimenté pour cette mise en bouteille la stérilisation du matériel par un mélange maison a peu de frais : eau de javel et vinaigre blanc. Là aussi c'est issu de discussions sur les forums.
Attention : ce mélange est potentiellement dangereux et il convient de bien respecter la procédure et les quantités car cela peu produire un dégagement chloré gazeux qui est dangereux pour la peau, les yeux et les voies respiratoire : a user avec prudence, en très petite quantité et en extérieur.
Il s'agit là aussi de réduire les produits chimiques utilisés et de réduire les couts.
Un tableur est proposé sur le forum pour effectuer le calcul du mélange très précisément suivant les concentration eau de javel et vinaigre.
Le principe est que le vinaigre (l'acide acétique du vinaigre) augmente très fortement le pouvoir désinfectant de l'eau de javel, ce qui permet de l'utiliser très dilué, en deça du seul de perception et donc de pouvoir se passer de rinçage, après un trempage de quelques minutes.
Dans la pratique, si l'eau de javel et le vinaigre ont la même concentration (5% par exemple) il faut (dans l'ordre et dans un local bien aéré pour éviter les risques) :
  • Verser l'eau (20 litres)
  • Ajouter l'eau de javel (20ml si concentration 5%) et (bien) mélanger
  • Ajouter le vinaigre (20ml si concentration 5% ou 40ml si concentration 2,6%) et (bien) mélanger
Pas de transfert en secondaire
C'est la deuxième fois que j'essaye de ne pas faire de transfert de fut entre la fermentation primaire (1 semaine) et la fermentation secondaire (2 semaines) et comme la première fois la bière est très trouble...
Je recommencerai pas.
C'est pas super gênant une bière trouble (ça n'altère pas le gout) mais c'est pas très présentable. La conclusion c'est que le changement du fut est nécessaire à la clarification dans mon processus en tout cas.

L'objectif est là aussi de gagner du temps, mais si c'est pour avoir un bière trouble, ça m'intéresse pas.